1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 05:40

Parce que le temps n’efface strictement rien.

“Six Ans”

Mines de plomb – 2013

 

Par la fille embrassant le front de sa mère

Dont le haut cercueil se ferme

Par la veuve qui voit le mariage passé

Par l'attente affligée et l'espoir terne

Puis la vérité de l'opération échouée

Je vous salue, Marie.

 

Par les larmes d'un homme incrédule

Portant une plaque à son camarade d'antan

Par les appels restés sans secours

Par le silence du père souffrant

Préservant ses enfants qui l'entourent

Je te salue, Marie.

 

Par le frère anéanti qui perd son cadet

Par le désespoir de l'artiste incompris

Choisissant l'issue solitaire

Par la main qui sert, suppléant les non-dits

Par le fils qui ferme les yeux de son père

Je te salue, Marie.

 

Par la chute de l'homme de bien

Cherchant une aide des yeux

Par les toiles qui ne seront plus peintes

Par la mèche emportée lors de l'ultime adieu

Par le courage remplaçant la plainte

Je te salue, Marie.

 

Par le manque de ceux qui nous ont quittés

Par la vie et ses cadeaux empoisonnés

Par les cendres de l'ami dispersées

 

Je te salue, 2007.

 

Published by martinefa - dans Illustrations*