10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:09

Il y a un an (Et un jour, mais on s’en fout) je venais d’entrer à l’hôpital.

Enceinte de sept mois, j’étais en pleine période particulièrement fatigante et stressante. Entre mon travail que je ne voulais pas arrêter de suite avec expositions et festivals, une angine devenue gastro de mon fiston de deux ans, et tout un foutoir à la sécurité sociale qui m’avait coupé mes droits (Comme ça oui, sans prévenir, paf).

 

Après quelques alertes autoritaires et répétées de la part de ma gynécologue, je me décidais enfin à faire une petite sieste, didon. Cela m’a permis d’être aware de mon corps et de percevoir comme des petites contractions sourdes. Pas vraiment douloureuses mais étrangement rapprochées. Lorsque l’écart entre chacune est passé sous la barre des cinq minutes, je suis allée faire un tour aux urgences, la fleur au fusil. Je pensais qu’on allait me taper sur les doigts en me donnant un cachet et que tout rentrerait dans l’ordre. Au lieu de ça, on m’a annoncé après moult expertises et visites de différents médecins et sages-femmes (Un hall de gare que j’étais) qu’il me fallait rester là bien sagement une bonne semaine, en serrant les fesses s’il vous plaît.

« Kouaâ ? Mais ce n’est pas possib’ !!! Comment je vais faire sans voir mon gamin, sans internet, sans mon atelier pendant UNE semaine ENTIÈRE ? JE VAIS CREVER ! ».

Bah en fait, j’en ai un super souvenir.

 

L’hôpital était tout neuf, clean et design. J’avais une chambre individuelle avec pour fenêtre, une baie vitrée qui remplaçait l’un des murs. J’ai passé mon temps à jouer avec la télécommande des stores pour assister à des tempêtes de neige, de magnifiques levers et couchers de soleil sur la campagne boueuse environnante, bien plus passionnants que l’écran plat installé au dessus du lit, réglable dans tous les sens lui aussi. Plus besoin de gesticuler pendant de longues minutes à la manière d’une tortue retournée, pour réussir à me lever avec mon gros bidon. Il m’a longtemps manqué ce lit. Et ces journées rythmées uniquement par les visites de mes proches, du personnel et des plateaux repas insipides. On M’OBLIGEAIT à dormir. On m’a même gardée quelques jours en rab’. Je feuilletais quelques magazines pour frimer mais en fait, je ne foutais absolument RIEN. Et c’était délicieux, seule avec mon bébé. Dans le ventre je précise car tout s’est bien terminé, il est né à trois jours du terme finalement.

 

Avec les années, je suis devenue de moins en moins nostalgique. Le passé c’est le passé et puis basta. Mais alors là je ne sais pas, j’ai une vieille mélancolie qui ressort avec tous ses souvenirs. Ils concordent en plus avec la dernière tétée officielle du petit dernier (Ça vous retourne le cerveau et les tripes, je vous le dis). Voilà une ère qui s’achève et ça fiche un coup.

 

Qu’est-ce qu’il va en ressortir artistiquement de tout ça ? On verra bien :)

Published by martinefa - dans martinefa blabla*